Skip to main content

L’outil principal dans tout processus de distillation est l’alambic, un instrument qui m’a toujours fait penser à la forme féminine. Nous comprenons que ce lien existe bel et bien quand nous apprenons que la première image d’un alambic est de la main de Cléopâtre l’Alchimiste, une femme savante vivant et pratiquant l’alchimie à Alexandrie autour du troisième siècle de notre ère. Elle avait tenté, et peut-être réussie, à créer la pierre philosophale, la plus haute aspiration et réussite pour tout alchimiste.
Cléopâtre suivait les enseignements et la philosophie d’une alchimiste du premier siècle : Marie la juive ou Marie la Prophétesse, à qui on attribue l’invention de la méthode bain-marie ainsi que deux formes d’alambics spécifiques : le Tribikos, un alambic à trois bras et le Kerotakis, un récipient qui pouvait se fermer hermétiquement et qui était sensé reproduire les circonstances que la terre emploie pour créer l’or en son sein.

Autour de la même époque, il y avait une autre femme qui vivait et pratiquait en Alexandrie, qui était Cléopâtre la doctoresse. Il y a des historien.ne.s qui pensent qu’il s’agit de la même personne, ce qui ne me semble pas impossible, comme la plupart de scientifiques et savant.e.s de l’époque était pluridisciplinaires, les sciences n’étaient pas coupées et hermétiquement fermées comme elles le sont aujourd’hui. En tout cas, on remarque que toutes les deux, elles avaient une fascination pour le processus de reproduction.
Quand on regarde en détail le processus de distillation qui crée une huile essentielle à partir d’une matière végétale, on ne peut qu’y voir le processus inversé d’une grossesse et naissance. Uniquement une personne avec une grande connaissance des fonctions physiques (le processus de gestation et le développement de l’enfant in utero, les cycles des lunes et le parcours de l’ovule) et énergétiques de l’utérus (le processus de transformation alchimique des énergies et la génération de nouvelles réalités et créations depuis le vide quantique) pourrait traduire ce processus dans des outils permettant de recréer ce procédé alchimique avec d’autres matières. L’alambic nous paraît alors comme un utérus de cuivre, une reproduction du foyer de la femme. Qui serait mieux placé qu’une femme pour faire ce lien ? Le lien aux mystères féminins se confirme quand on regarde le papyrus qui est attribué à Cléopâtre du nom de « Chrysopoeia » – ce qui veut dire « ce qui crée de l’or » sur lequel on voit l’Orobouros, le serpent qui se mord la queue avec l’inscription « tout est un », des symboles de lune et l’étoile d’Inanna (la déesse mère sumérienne).

Laisser un message